Mazamet Montagne Noire

Mazamet est nichée dans une vallée naturelle, le Thoré, à 280 m d’altitude, entre les deux massifs de la Montagne Noire et des Monts de Lacaune, qui culminent à 1 200 m. Compte tenu de sa situation géographique dans le sud-ouest de la France, beaucoup sont surpris d’apprendre que ces deux massifs constituent l’avant-poste le plus méridional du Massif Central. Les montagnes qui entourent Mazamet et ses rivières au débit rapide ont largement contribué à son essor, d’une modeste origine à l’une des villes les plus prospères de France au XIXe siècle.

Des traces de peuplement ancien dans la région remontent au Magdalénien (10 000 av. J.-C.). En périphérie de Mazamet, près du village d’Aiguefonde, des vestiges de cette période ont été découverts dans la grotte de Lacalm. Des témoignages plus tardifs du Néolithique se retrouvent dans les nombreux monuments mégalithiques disséminés dans le paysage aux abords de Mazamet.Monument néolithique près de Mazamet

Diverses tribus et cultures ibériques ont marqué la région et, pendant un temps, Mazamet faisait partie du territoire des Vougues. À l’époque romaine, la vallée du Thoré devint une importante voie commerciale, reliant en partie les deux cités romaines de Narbonne (Narbo Martius) et de Toulouse (Tolosa). Le chemin romain « Jamarié », qui relie Mazamet à Hautpoul, est encore visible aujourd’hui et constitue une partie de l’une des promenades guidées de la ville, à travers des siècles d’histoire, avec un passage sur la Passerelle, inaugurée en 2018.

C’est Hautpoul elle-même qui précède Mazamet comme lieu de peuplement. L’histoire et l’architecture illustrent l’influence que les Romains, les Wisigoths, les Cathares et les Huguenots ont exercée sur ce petit village de montagne au fil des siècles. D’ailleurs, le nom Hautpoul vient du latin « Altum Podium » (haute colline), qui devint Altpol, puis Hautpoul.

De nombreuses légendes attribuent le nom au roi wisigoth Athaulf qui, selon les récits, aurait fondé l’établissement en 413. Légende ou réalité historique, l’importance stratégique de Hautpoul est incontestable ; entre les VIe et VIIIe siècles, le village constituait un important avant-poste fortifié offrant des vues imprenables sur les quatre vallées environnantes (Thoré, Arnette, Linoubre et Arn). Hautpoul jouait également le rôle de gardien de la voie albigeoise, ancienne route à travers la Montagne Noire entre Albi et Carcassonne. Le village revêtait une importance capitale au VIe siècle sous le règne du roi Childebert Ier, car la frontière de la Septimanie wisigothique longeait la crête de la Montagne Noire.

Au fil des siècles, Hautpoul abrita une petite communauté avec des industries artisanales, dont le textile. Elle joua également un rôle central pendant la période cathare, offrant refuge à ses adeptes persécutés. Le 11 avril 1212, après un siège de quatre jours mené par Simon de Montfort, les fortifications de Hautpoul furent détruites, le village brûlé et ses habitants mis en fuite. Une partie de la communauté survivante fut déplacée plus bas dans la vallée, sur les rives de la rivière Arnette, où elle reconstitua son industrie textile ; c’est là que la ville de Mazamet, et son industrie principale, prit racine. Hautpoul

Hautpoul fut reprise par Raymond IV de Toulouse en 1218 et la paix revint dans le village, qui fut reconstruit. Cependant, les guerres de religion ensanglantèrent à nouveau la région et, une fois de plus, une grande partie du village fut détruite par les Huguenots au XVIe siècle. Après l’édit de Nantes, qui mit fin aux guerres de religion, Hautpoul se reconstruisit en tant que communauté, même si elle ne retrouva jamais ses fortifications ni son importance défensive. En 1462, dans la vallée en contrebas, la commune de Mazamet avait développé sa propre enceinte et ses fortifications, et au début du XVIe siècle la population avait dépassé 500 habitants. L’essor du textile, du tannage et de la laine prenait également de l’ampleur.

Les premiers produits fabriqués étaient une couverture en laine, appelée « Cordelots ». En 1837, le premier métier Jacquard fut installé à Mazamet et l’industrie ne cessa de croître. La réputation de la ville était reconnue dans le monde entier pour la qualité de son processus de production (favorisé par les eaux rapides et douces de la rivière Arnette, qui servaient à la fois à alimenter les usines et à laver les peaux) et de ses produits finis. Les peaux de mouton, originellement approvisionnées localement depuis le Languedoc puis l’Espagne, commencèrent à se raréfier vers le milieu du XIXe siècle, contraignant les propriétaires des filatures à se tourner vers des horizons plus lointains. En 1851, les premières peaux d’Argentine arrivèrent, inaugurant un vaste commerce avec l’hémisphère Sud (notamment l’Argentine, l’Australie et la Nouvelle-Zélande) via les ports de Bordeaux et de Marseille puis par train jusqu’à Mazamet — à son apogée, plus de 100 000 tonnes de peaux arrivaient chaque année dans la ville (1912 reste l’année record avec plus de 32 millions de peaux de mouton traitées !).

Délainage à Mazamet

Le savoir-faire que les tanneries de Mazamet avaient développé consistait à séparer habilement la laine de la peau (appelé délainage), produisant ainsi un cuir de haute qualité transmis ensuite aux tanneries de la ville et au village de Graulhet. Les peaux provenant de différents pays, et donc de différentes races de moutons, permettaient à la ville de proposer une grande variété de laine adaptée à divers marchés à travers l’Europe.

Dans les années 1930, les rives de la rivière Arnette comptaient une quarantaine de tanneries, et l’industrie de la laine et du cuir engendra de nouvelles activités dans la création de produits en laine (chaussettes, écharpes, chapeaux et pulls) ainsi que de maroquinerie (manteaux, sacs à main, chaussures et portefeuilles). Les sous-produits, notamment la colle et les engrais organiques, vinrent compléter ce paysage industriel.

La richesse engendrée dans la ville (chose rare en France, partagée équitablement entre ses habitants protestants et catholiques) était considérable. À son apogée, dans les années 1950, quelque 26 banques opéraient en ville et la Banque de France, qui y avait ouvert une succursale, enregistra le 4e volume d’échanges annuels de tout son réseau français.

Dans les années 1970, les industries de Mazamet amorcèrent un déclin progressif, dû en partie à l’essor de la production en Asie et au développement des fibres synthétiques dans la confection. Si seul un très petit nombre de tanneries subsiste aujourd’hui, Mazamet est toujours reconnue pour la qualité de son cuir et de sa laine. Des acheteurs de maisons telles que Louis Vuitton et Hermès de Paris fréquentent encore la ville, et la commune de La Richarde compte plusieurs boutiques proposant des articles en cuir et des vêtements en cuir sur mesure.

La richesse créée par ces industries est encore visible aujourd’hui dans les magnifiques demeures bourgeoises appartenant aux propriétaires et directeurs de fabrique, souvent influencées dans leur conception par l’Amérique du Sud, théâtre des échanges commerciaux. Les liens de Mazamet avec le monde entier se lisent encore dans les noms de rues comme la rue de Buenos Aires, la rue de Sydney et bien d’autres — une plaque sur l’hôtel de ville, offerte par le gouvernement australien, témoigne elle aussi de l’importance de ces échanges commerciaux.

Depuis le déclin industriel des années 1970, Mazamet cherche à se réinventer et à regarder vers l’avenir, tant dans la diversification de ses activités que dans le développement du tourisme, grâce à son magnifique cadre naturel, son accessibilité et l’immense variété de choses à voir et à faire à proximité et dans un rayon d’une heure.

Les visiteurs peuvent effectuer deux promenades guidées dans le centre-ville, qui expliquent et illustrent l’histoire de son passé industriel ; ils peuvent également retracer les pas remontant à l’époque romaine en montant au village de Hautpoul par le sentier forestier et en traversant l’impressionnante Passerelle. L’ancienne voie ferrée qui acheminait les peaux de mouton de Béziers à Mazamet a été transformée en une magnifique piste cyclable ; des bâtiments industriels sont reconvertis pour des projets comme la nouvelle Halle (espace de marché couvert multifonction) et plusieurs des belles demeures bourgeoises accueillent désormais des visiteurs en chambres d’hôtes de luxe.

Grâce à son riche patrimoine industriel, les habitants de Mazamet bénéficient d’équipements civiques et communautaires remarquables, qui feraient l’envie de villes bien plus grandes — du nouvel espace aquatique à la Passerelle, du Palais des Congrès au complexe de théâtre, bibliothèque et cinéma Espace Apollo. Passerelle Mazamet

Les montagnes environnantes, avec les Lacs de Montagnes, offrent un terrain de jeu naturel pour la randonnée, le VTT, la pêche et l’équitation. Hautpoul est votre point de départ pour découvrir le Pays Cathare avec ses anciens châteaux, villages et monuments disséminés dans la Montagne Noire et au-delà. L’Office de Tourisme accueille les visiteurs pour leur faire découvrir le passé et le présent de la ville — dont un musée consacré à l’histoire des Cathares — et l’équipe accueille des visiteurs du monde entier avec des informations sur tout, des randonnées aux marchés.

La ville de Mazamet, ses habitants et ses commerces vous attendent avec impatience pour vous faire explorer et découvrir en personne son patrimoine et son histoire uniques.

Bienvenue à Mazamet !

(certaines images peuvent être soumises à droits d’auteur)

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